Marketing localFidéliser les clients d'une pizzeria : 5 gestes qui marchent
Carte à tampons, relance au bon moment, contact gardé avec accord : cinq gestes pour faire revenir tes clients, ce qu'ils coûtent et comment mesurer l'effet.
L'équipe Forneria ·
Le vendredi soir, tu reconnais la moitié des voix au téléphone. Ces habitués, tu ne les as pas eus par hasard : ils sont revenus une fois, puis deux, puis ils ont arrêté de comparer. La question, c'est comment en faire davantage, sans brader ta carte ni passer tes soirées sur ton téléphone.
Voici cinq gestes simples pour faire revenir un client, ce que chacun coûte vraiment, et la façon de vérifier que ça marche.
Pourquoi un habitué vaut plus qu'un client de passage
Le chiffre le plus cité sur le sujet vient de Frederick Reichheld, du cabinet Bain & Company, repris par la Harvard Business Review : gagner 5 % de clients fidèles en plus fait progresser les bénéfices de 25 à 95 %. Le même article rappelle qu'attirer un nouveau client coûte de cinq à vingt-cinq fois plus cher que d'en garder un. Ce sont des ordres de grandeur tous secteurs confondus, pas une règle de pizzeria. Mais le sens est le même partout : le client qui revient ne te coûte plus rien à faire venir.
Fais le calcul avec ton propre panier moyen. Pour l'exemple, prenons 28 € par commande, une valeur courante pour une commande familiale à emporter :
| Rythme du client | Commandes par an | Chiffre d'affaires sur un an |
|---|---|---|
| Une fois par an | 1 | 28 € |
| Une fois par trimestre | 4 | 112 € |
| Une fois par mois | 12 | 336 € |
| Deux fois par mois | 24 | 672 € |
| Une fois par semaine | 52 | 1 456 € |
Un client qui passe d'une commande par trimestre à une par mois te rapporte 224 € de plus dans l'année, sans un euro de publicité. Vingt clients qui font ce pas, c'est près de 4 500 € de chiffre d'affaires en plus. Et ce chiffre grimpe encore si le panier lui-même grossit : on en parle dans l'article sur les leviers pour augmenter le panier moyen.
Le chemin d'un client vers l'habitude passe presque toujours par les mêmes étapes :
Les cinq gestes qui font revenir un client
1. Soigner la deuxième visite
Un client qui commande une fois a goûté ta pizza. Celui qui revient une deuxième fois a choisi ta pizzeria. Entre les deux, il y a souvent juste un oubli : il a aimé, puis il a commandé ailleurs par habitude, ou parce qu'une appli lui a proposé autre chose. C'est là que tout se joue, et c'est là qu'il faut lui donner une raison précise de revenir.
Le plus simple : glisser dans le carton ou remettre au comptoir un petit mot, valable sur la prochaine commande dans les trente jours. Pas une remise sur toute la carte, plutôt une boisson offerte ou un dessert maison. Ça ne coûte presque rien, et ça transforme une bonne soirée en rendez-vous.
2. Une carte à tampons bien réglée
La bonne vieille carte à tampons marche encore, à condition de la régler. Une expérience menée par deux chercheurs, Joseph Nunes et Xavier Drèze, publiée en 2006 dans le Journal of Consumer Research, l'a bien montré. Dans une station de lavage, deux cartes demandaient huit passages. L'une avait huit cases vides. L'autre avait dix cases, dont deux déjà tamponnées. La seconde a été complétée presque deux fois plus souvent : 34 % contre 19 %.
Même effort demandé, mais une carte qui paraît déjà entamée donne envie d'aller au bout. Pour une pizzeria, les réglages qui font la différence tiennent en quatre points :
- Deux tampons offerts dès la première commande, pour profiter de l'effet mesuré plus haut.
- Une récompense qui donne envie : une pizza au choix parle à tout le monde, un supplément fromage beaucoup moins.
- Un seuil atteignable : huit à dix passages. Au-delà, la carte finit au fond d'un tiroir.
- Une durée écrite noir sur blanc, douze mois par exemple, pour éviter les discussions au comptoir.
3. Choisir le bon support
Papier, carte sur téléphone ou fidélité intégrée à ta commande en ligne : les trois fonctionnent, mais ils ne te donnent pas la même chose.
| Carte papier | Carte sur téléphone | Fidélité dans la commande en ligne | |
|---|---|---|---|
| Coût de départ | Quelques dizaines d'euros d'impression | Un abonnement à un service dédié | Compris dans l'outil de commande, s'il le propose |
| Ce que tu sais du client | Rien | Son contact et ses passages | Son contact, ses commandes, son panier |
| Oubli ou perte | Fréquent | Rare | Impossible, c'est rattaché au compte |
| Tampons de complaisance | Possibles | Limités | Aucun, c'est compté à la commande |
| Relance possible | Non | Oui | Oui |
Le papier reste un bon point de départ pour tester. Mais il a un défaut : tu ne sais jamais qui a ta carte dans son portefeuille, ni depuis quand il n'est pas venu. Et c'est justement ça qui permet les deux gestes suivants.
4. Garder le contact, avec son accord
Pour relancer un client, il te faut un moyen de le joindre : un numéro ou une adresse e-mail. Il y a une règle à connaître. La CNIL exige en principe l'accord préalable de la personne pour lui envoyer un SMS ou un e-mail commercial. Une exception existe pour un client déjà venu, si le message concerne des produits proches de ceux qu'il a achetés et s'il a pu refuser au moment où tu as pris ses coordonnées. Dans tous les cas, chaque message doit lui permettre de se désinscrire simplement.
En pratique : une case à cocher sur le bon de commande ou au moment de commander en ligne, une phrase claire du type « Je veux recevoir les offres de la pizzeria », et un « STOP » respecté sans discuter. Ce n'est pas une contrainte de plus : un client qui a dit oui lit tes messages.
Beaucoup de clients te découvrent d'abord sur Google. Une fiche Google bien remplie fait venir la première commande, et c'est le contact noté à ce moment-là qui permet la deuxième.
5. Relancer au bon moment
Chaque habitué a son rythme. Celui qui commande toutes les trois semaines et que tu n'as pas vu depuis six est en train de prendre d'autres habitudes. C'est le moment d'un message simple, pas avant : relancer quelqu'un qui allait revenir de toute façon, c'est offrir une remise pour rien.
Le message tient en deux lignes : « Ça fait un moment ! La pizza du mois est sortie, et ta boisson est offerte jusqu'à dimanche. » Au-delà de deux mois sans nouvelles, une seule relance avec une offre plus nette, puis on laisse le client tranquille. Personne n'aime être relancé toutes les semaines.
Ce que coûte vraiment une pizza offerte
Offrir une pizza fait peur quand on la compte au prix de la carte. Mais ce qu'elle te coûte, c'est sa matière et un peu de temps au four, pas son prix de vente. Prenons une pizza vendue 11 € avec un coût matière autour de 3 € (pour le calcul précis de ton coût matière, voir notre méthode pas à pas) :
| Pizza offerte après… | Chiffre d'affaires de la carte | Coût matière de la pizza offerte | Coût rapporté au chiffre d'affaires |
|---|---|---|---|
| 6 passages | 66 € | 3 € | 4,5 % |
| 8 passages | 88 € | 3 € | 3,4 % |
| 10 passages | 110 € | 3 € | 2,7 % |
| 12 passages | 132 € | 3 € | 2,3 % |
Ce calcul ne compte qu'une pizza par passage. Avec un panier familial, la part réelle est encore plus faible. Pour comparer : une commission de plateforme de livraison peut atteindre une trentaine de pourcents sur chaque commande, comme on l'a détaillé dans l'article sur le coût réel d'une commission Uber Eats. La fidélité, elle, ne se paie que quand le client est déjà revenu plusieurs fois.
Comment savoir si ça marche
Inutile de tout mesurer. Trois chiffres, regardés une fois par mois, suffisent à savoir si tes gestes portent :
| Indicateur | Comment le compter | Ce qu'il te dit |
|---|---|---|
| Part de clients revenus | Clients du mois déjà venus avant ÷ clients du mois | Si ta base d'habitués grandit |
| Cartes complétées | Récompenses données dans le mois | Si le seuil est bien réglé |
| Retours après relance | Clients relancés qui ont recommandé dans les 15 jours | Si ton message et ton moment sont les bons |
Avec une carte papier, seul le deuxième chiffre est facile à suivre : garde les cartes pleines dans une boîte et compte-les en fin de mois. Pour les deux autres, il faut un historique de commandes, celui de ta caisse ou de ton outil de commande en ligne. Si une carte ne se complète presque jamais, baisse le seuil. Si elle se complète trop vite, ajoute un ou deux tampons.
Par où commencer cette semaine
Ne lance pas tout d'un coup. Commence par le geste le plus simple, et donne-lui deux mois :
- Imprime une carte à tampons de dix cases, et pose deux tampons dès la première commande.
- Ajoute sur tes bons de commande une case « Je veux recevoir les offres de la pizzeria ».
- Note dans un carnet ou un tableur le nombre de cartes complétées chaque mois.
Au bout de deux mois, tu sauras si ta clientèle y répond, et tu pourras passer à la relance.
Si tu prends déjà une partie de tes commandes en ligne, regarde où atterrissent les coordonnées de tes clients. Sur une plateforme, elles restent chez la plateforme. Avec Forneria, ta pizzeria a son propre site de commande, sans commission sur les ventes (79 € HT par mois), et chaque commande arrive chez toi avec le contact du client.
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